Smyrne



Spartali, Amira de Smyrne

Smyrne,

Port sur la mer Égée, situé sur la rive asiatique dans l’ancienne Ionie, presque face à Athènes, Smyrne avait vocation à être un lieu irremplaçable d’échange et, avant tout, un carrefour du commerce international. La ville devint d’abord, au XVIIIe siècle, le premier port ottoman d’exportation. Les arméniens, présents dès le XIIIe siècle, y détiennent, au siècle des Lumières, le monopole du commerce de la soie, dominant un immense réseau eurasiatique reliant l’Inde et la Perse, d’une part à la Méditerranée et son appendice adriatique (Constantinople, Trieste, Venise), d’autre part à l’Atlantique et ses prolongements nord-européens (Cadix, Londres, Amsterdam). La soie, acheminée depuis la Perse, était vendue ou échangée à Alep ou à Smyrne : les Arméniens furent, pour les marchands européens, les intermédiaires obligés de ce commerce et s’y enrichirent considérablement, du moins jusqu’aux mesures de libéralisation prises en 1838 (à la veille de l’ère des réformes, le Tanzimat), mesures qui laissèrent néanmoins subsister quelques grandes fortunes arméniennes, comme les Spartali.

Commerçant , Banquier, assureur, entrepreneur, administrateur du port de Smyrne. Cette famille était directement ou indirectement par ses alliances (mariages) à tous les poste clés de la ville.

Le boulevard devant la station de train qu'on disait être la plus belle rue de Buca portait le nom de "Boulevard Spartali".

Également mécènes , les Spartali ont financé la reconstruction / restauration de prestigieux édifices communautaires comme le Collège Mesrobian ou Hôpital Saint-Grégoire l’Illuminateur

Agop Efendi et son frère Ohannes SPARTALI


La famille était engagée dans le commerce de tapis. Surtout à Isparta (d'où le nom de famille (Ispartaliyan, spartalian puis Spartali) mais aussi à Kula, Uşak et Gördes. La source de la richesse de la famille était le commerce, mais leur réputation ne vient pas seulement de là.

Agop Efendi Spartali (mon arrière arrière-grand-père) , l'aîné de la famille est mentionné comme «membre de longue date du Grand Conseil ayant le grade de bala ou de fonctionnaire de la première classe" * .

Lors de de la création du parlement en 1876 il est devenu député au nom des provinces d'Aydın, Saruhan et Menteşe .

Par la suite il est revenu à Smyrne et il a étendu son activité de tapis vers le milieu du XIXe siècle,

L’hôpital arménien Surp Lusavorçyan, créé en 1801, a été détruit suite à un incendie en 1845. Ce sont les frères Agop et Ohannes qui ont financé sa reconstruction et son agrandissement. A partir de ce moment cet hôpital a été géré comme un organisme de bienfaisance, il accueillait principalement les personnes âgées et les pauvres. La communauté arménienne a érigé une sculpture à l'effigie d'Agop et de Ohannes dans la cour principale en signe de gratitude*source : "Journal of Historical Studies" XXIX / 2, 2014, 405-443 "Développement des hôpitaux d'Izmir pendant la période précédant la République", Didem Akyol Altun


*Stamboul, February 26, 1877, quoted in Devereux, The First Constitutional Period, 265

Agop Spartali avait pour épouse une Bardisbanian.

ci-contre la maison Bardisbanian à Bornova

Agop & Ohanes Spartali

Demeure Spartali (ancienne maison Baltazzi). Quartier Boudja à Smyrne (Izmir) - Turquie


Après le traité de Sèvre en 1920, la maison familiale de Takvor est devenue un enjeu international. L’Italie qui voulait occuper l'Anatolie a essayé en vain d'acheter le pavillon en donnant des instructions au directeur de la banque ottomane Suciani. Afin d'empêcher cette tentative, Antonio Athenogenis (avocat) a collecté de l'argent auprès de sa communauté. N’ayant pas récolté assez de fonds, le propriétaire Takvor Spartali a largement diminué ses exigences sur le prix de la maison afin que cette dernière revienne aux grecs de Smyrne. Finalement A. Athenoyannis en a fait don à Elefthérios Venizélos. Par la suite elle est devenue un orphelinat jusqu'en 1922 . Puis il a été converti en école publique. (C'est toujours une école) .


plus d'infos sur le quartier Boudja par-là : http://levantineheritage.com/buca.htm




source : ''the Smyrna Quay" . Poulimenos & Achilleas Chatziconstantinou
Demeure Spartali - quartier Boudja - facade principale
Demeure Spartali - quartier Boudja- une allée du parc
Baronne Aliotti ( née Spartali) et ses nièces Béatrice (ma grand-mère) et sa sœur Ida
Demeure Spartali - quartier Boudja - une place dans le parc

demeure Spartali - Takvor Spartali au premier plan

place Soleman Pacha (Caire) Egypte

Boulevard Spartali - Boudja - Smyrne ...

... actuellement Bucca, istation, Caddesi Izmir

Quartier Boudja

demeure Spartali - cours de tennis - tante Béatrice

Bice béatrice (ma grand-mere) - 1913

B. Aliotti à Bice

Takvor Efendi SPARTALI fils d'Agop

Né le 14 Octobre 1851 à Smyrne (Izmir) Turquie

Décédé le 17 Décembre 1929 à Neuilly-sur-Seine, France

Membre du conseil d’administration du port de Smyrne

Fondateur de T.A. Spartali & co

Membre fondateur d'Oriental Carpets Manufactured

Mécène

En 1875-1880, Takvor à fait construire un grand manoir à Kordon, Bella Vista (aujourd'hui musée Ataturk). Hüseyin Avni Pacha , aussi originaire d'Isparta et gouverneur d'Aydın s'était lié d’amitié avec lui et venait régulièrement séjourner dans cette résidence.


Généalogie

Demeure Spartali (actuellement musée Ataturk) - front de mer

Takvor Spartali avait également un autre bâtiment de deux étages près de la gare de Basmahane qu'il a vendu à Alexander Maclachlan qui a converti le bâtiment en Collège international entre 1875 et 1913.


Carte Postale publicitaire T.A. Spartali & Co.

Cette bâtisse appartenant aussi à Takvor Spartali a été utilisé comme consulat américain. Elle a entièrement été brûlée lors du grand incendie de Smyrne .

Les locaux qui hébergeaient la banque Ottoman appartenaient aussi à Takvor et ont également brûlé lors de l'incendie.

Stepan Efendi SPARTALI

fils d'Agop



Député de Smyrne de 1908 à 1911 jusqu’à la dissolution du parlement , à durant son mandat, déposé deux propositions de projets de lois

La première :

Alignement des intimidateurs en supprimant les diverses taxes que le public doit payer aux intimidateurs.

Correction et suppression des régiments Hamidiye.

Examiner et mettre en œuvre le projet de loi concernant le recrutement de soldats parmi les non-musulmans dès que possible.

Rendre les biens et les terres saisis aux immigrants ottomans qui sont retournés dans leur pays.

L'amnistie des dettes fiscales.

L'application de la taxe (frêne), de la gendarmerie et des gardiens de village aux provinces anatoliennes

Nommer des officiers diplômés du secondaire dans les provinces éloignées et ne pas permettre à ces officiers de préférer les provinces proches.

La taxe sur les céréales vendues aux provinces éloignées peut être levée jusqu'à deux ans et certaines mesures économiques sont prises.

La deuxième :

Mettre en place une commission spéciale par l'Assemblée Mebusan pour examiner les principales lois et les droits privilégiés des entreprises étrangères.

Abolir ceux liés au pouvoir de l'État, même si les droits et privilèges susmentionnés ne sont pas acceptés pour être modifiés.


source : http://www.izmirizmir.net/talat-ulusoy-spartaliyanlar-ve-kordondaki-konak-y4340.html

Port de Smyrne

Plusieurs familles dont les Spartali ont largement contribué au développement industriel de Smyrne notamment en finançant la modernisation du port . C'est en 1870 que le nouveau port construit par l'entreprise Dussaud voit le jour. Ce port et les deux premières lignes de chemin de fer de l'Empire ottoman (Smyrne-Kassaba et Smyrne-Aïdin, 1856) concourent à projeter la ville dans l'ère moderne. Agop Spartali (mon arriéré arrière grand-père) fut un membre du conseil d’administration.

Archives Diplomatiques de Nantes, montrant la composition du conseil d'administration de la Société des Quais de Smyrne.
Port de Smyrne

Le Sophia (hommage à Sophie) un des bateaux de mon arrière grand-père

Chantier

Port de Smyrne

Yatch le Bice - diminitif affecteux de Béatrice - Symrne

Oriental Carpets Manufacturers

Au début du vingtième siècle 90% du commerce de tapis est détenu par six maisons de commerce (dans l'ordre d'importance) : Spartali, P de Andria & co, Sydney de La Fontaine, W Griffith, Partridge, Habib and Polako. En 1907, la concurrence entre ces familles levantines pour les tisserands et les matières premières fut si intense qu'elles ont décidé de fusionner et de former un cartel, The Oriental Carpet Manufacturers, connu sous le nom d'OCM.

Des métiers à tisser et d'autres équipements techniques ont été achetés en Allemagne et en Autriche. Les premières installations de production appartenant à l'entreprise ont été installées dans la province de Manisa, dans l'ouest de l'Anatolie. Déjà en 1912, l'OCM contrôlait la majeure partie de tous les métiers à tisser opérant dans le Konya Vilayet, où 15 à 20 000 tisserands, principalement des femmes, travaillaient à environ 12 000 métiers à tisser (source : wikipedia).

O.C.M.

O.C.M. usine à Smyrne

O.C.M. salle de repassage

O.C.M. filage de la laine

Antony Wynn lecture on the history of the Oriental Carpet Manufacturers

Les arméniens à Manchester

La communauté arménienne actuelle a pris racine en Angleterre au XIXe siècle, avec l'arrivée de marchands, d'étudiants et d'exilés arméniens de Turquie ottomane. Leur destination principale était la ville industrielle de Manchester.

L'Union générale arménienne de bienfaisance (organisation communautaire) a été créée à Manchester. Les Arméniens de Manchester ont joué un rôle vital en mettant en évidence le sort des Arméniens dans leur patrie, influençant ainsi la politique étrangère britannique à l'égard de la Turquie Ottomane.

Vers 1867 Vartabed Kiuroyan initie le projet de construction d'une église Arménienne à Manchester. Pour parrainer ce projet de grandes familles arméniennes se mobilisent dont notamment les Frères Essayan (dont mon arrière arrière-grand-père coté Frenkian), les frères Spartali et la famille Ekisler. L'église est achevée à la fin de l'année 1870. En 1873 le Shah de Perse en visite à Manchester a reçu certains membres de la communauté arménienne dont un membre de la famille Spartali


Source: Merchants in Exil: The Armenians in Manchester de Joan George

Edouard SPARTALI

Mon Arrière grand-père, fils de Takvor

Né le 30 Octobre 1879 à Smyrne Turquie

Décédé en 1956

il était marié à Iphigénie De Caravel fille de Agride(Agis) Giuseppe Emilio De Caravel qui était Vice Consul d'Italie, de Belgique, d'Espagne aux Dardannelles.

Je ne sais pas grand chose sur lui à part qu'il avait en charge l’administration des biens de la famille. Il a passé son temps à voyager entre Manchester, Monaco,Jersey et Paris.

De plus, il semblerait qu'il n'avait pas un caractère facile.

Béatrice SPARTALI

Fille d'Iphigénie De Caravel et d'Edouard Spartali.née le 18 janvier 1908 à Smyrne (Turquie) - Décédée le 5 octobre 2005 à Chatou (France)

Ma grand-mère Béatrice Spartali a passé ses premières années à Smyrne. Elle se trouvait à Viennes avec sa tante Béatrice Baronne Aliotti lors de la déclaration de la première Guerre mondiale. Elle y a fait une partie de sa scolarité. A cette époque son père Edouard se trouvait probablement à Manchester. Edouard Spartali est venu en France dans les années 20 et s'est installé avec Béatrice. Ils habitaient au 65 rue du marché à Neuilly sur Seine (actuellement rue madeleine Michelis). Cette maison a probablement été vendu à son mariage.

Diplômée des beaux arts à Paris elle s'est mariée avec Ohanes Frenkian à Neuilly Sur Seine à l’hôtel Argenson.

Mariage de Béatrice et d'Ohanes. 27 octobre 1933

aquarelle Béatrice Spartali

peinture Béatrice Spartali

Odile Frenkian (ma mère), fille de Béatrice Spartali de d'Ohanes Frenkian